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Un peu avant

M. et moi sommes seuls face au portail qui se referme.
Minuit approche et nous sommes un peu sonnés par cette soirée.

Un peu avant, j'ai ouvert le portail à l'ambulance du Samu, aussitôt suivi par celle des pompiers.
La première fonce vers un hôpital spécialisé dans les accidents traumatiques.
La seconde va bientôt repartir en intervention au rythme de sa garde.
Le petit ami file sur sa moto pour rejoindre les urgences.
Nous vérifions que toutes les portes des bâtiments sont bien verrouillées.
Les collègues se saluent une dernière fois avant les vacances.
Le traumatisme de la soirée trouble les habituelles marques d'affections.
Quelques uns s'en vont à pied, d'autres en voiture.
Malgré l'heure tardive, les cyclistes sont majoritaires.

Sous le commandement de la seule femme de l'équipe,
ils évaluent la situation.

Un peu avant, l'infirmière urgentiste m'a donné sa destination.

Le petit ami vient de descendre de l'ambulance blanche.

Un pompier lui déconseille avec insistance de prendre sa moto.

L'infirmière urgentiste me rassure un peu sur l'état de santé de la blessée,.

Elle remonte dans son véhicule et démarre rapidement.

Nous remercions les pompiers et je me dirige vers le portail.

M. et les collègues finissent de ranger.

 

Un peu avant, les portes de l'ambulance blanche se sont ouvertes.

Le brancard descend télécommandé par l'infirmière urgentiste.

Les portes du véhicule rouge s'ouvrent à leur tour et une manœuvre similaire s'engage.

Tout le monde se regroupe pour voir la blessée une dernière fois avant son départ.

Des hommes en uniformes bleu-marine aidés par ceux en blouses blanches transfèrent un brancard-coque dans lequel la blessée est engoncée.

Nous prononçons des mots d'encouragement, lui répétons, autant qu'à nous-mêmes, que tout va s'arranger.

 

Un peu avant, l'ambulance blanche a fait demi-tour afin que deux véhicules soient dos à dos.

Appelé à de nombreuses reprises par des collègues, le petit ami est enfin arrivé sur sa moto.

Il a roulé très vite et marche nerveusement d'un groupe à l'autre.

Nous attendons que l'arrière de l'ambulance rouge s'ouvre.

Certains rompent le silence par des plaisanteries maladroites.

L'infirmière urgentiste enchaîne les étapes de la procédure de transfert.

Un médecin nous dit que l'état de santé de la blessée est préoccupant.

 

Un peu avant, l'équipe médicale s'est enfermée dans l'ambulance rouge.

Les pompiers nous expliquent que des examens complémentaires doivent être effectués.

Ils attendent comme nous. Alors nous bavardons.

On entend des sirènes assez proches. Un feu d'appartement s'est déclenché à moins d'un kilomètre.

L'un d'eux raconte qu'il est intervenu sur un feu similaire dans le quartier la semaine précédente. Certains changent de mission à chaque garde ; d'autres non.

Le verdict tombe : la blessée partira dans l'ambulance blanche car son transport doit être médicalisé.

 

Un peu avant, les pompiers ont appelé les urgences car la tension de la blessée a chuté.

Ils sont raisonnablement inquiets : les autres constantes sont bonnes et la blessée est sécurisée.

Je me dirige vers le portail pour ouvrir au Samu.

Pendant ce temps, M. propose des sandwichs aux merguez et des boissons aux pompiers.

Les restes de la soirée barbecue ravissent les hommes en bleu-marine et leur cheffe.

Du portail, j'aperçois l'ambulance blanche virer au bout de la rue toutes sirènes hurlantes.

Le véhicule semble basculer sous l'effet de la vitesse mais reprend sa course vers moi.

Je vais au milieu de la chaussée pour indiquer le portail vers lequel se diriger.

Après un court arrêt pour demander le circuit vers l'ambulance rouge, elle repart en trombe.

 

Un peu avant, les pompiers ont couru vers la salle de plonge avec le matériel de secours.

Sous le commandement de la seule femme de l'équipe, ils évaluent la situation.

Ils déploient leur matériel de secours et commencent les soins d'urgence.

L'un d'eux quitte rapidement la salle et revient avec un brancard-coque.

Tout le monde est inquiet.

Certains se sentent coupables d'avoir entrainer le petit groupe

D'autres regrettent d'avoir aidé la blessée à monter.

M. et moi nous écartons pour partager notre préoccupation mais aussi notre exaspération.

Un autre pompier part chercher le brancard de l'ambulance.

Ses collègues gonflent la coque en s'assurant de l'immobilisation des cervicales de la blessée.

Ils quittent la salle de plonge et poursuivent dans le véhicule rouge.

 

Un peu avant, je suis arrivé dans la salle de plonge du restaurant.

La jeune femme est allongée et prise en charge par un collègue diplômé en premiers secours.

Un autre poursuit sa discussion avec le médecin régulateur du Samu.

Au premier coup d'œil, je repère une luxation du coude.

La blessée ne bouge pas mais me parle.

Elle pense n'être touchée qu'au bras.

Elle a fait une chute d'environ quatre mètres sur le carrelage.

M. m'explique qu'elle a vu tout à coup les collègues courir dans tous les sens.

Ils cherchaient visiblement l'une d'entre eux qui avait disparu.

Je pars diriger les pompiers qui ne trouvent pas le portail d'entrée.

Elle me dit qu'une collègue est passée

à travers le toit du restaurant.

Un peu avant, j'ai quitté les collègues assis dehors devant le match de football.

Ils ont sorti une grande télévision montée sur roulette et disposé des chaises.

Je rejoins mon appartement. M. reste.

Une demi-heure plus tard, M. m'appelle pour me demander de revenir de toute urgence.

Elle me dit qu'une collègue est passée à travers le toit du restaurant.

 

Un peu avant, les anciens collègues ont proposé aux nouveaux de grimper sur le toit.

C'est la tradition locale, quand le chef est parti, pour clore leur premier année.

Ils grimpent par une bute bétonnée.

L'un d'entre eux tend la main pour aider à monter celle qui n'est pas encore blessée.

Elle s'écarte un peu du reste du groupe et, tout à coup, disparaît sans bruit.

Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence.

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